Du 12 au 15 juillet, des juifs et des chrétiens venus du monde entier, ainsi que quelques participants musulmans, se sont réunis à Hanovre pour la conférence internationale 2026 du Conseil international des chrétiens et des juifs (ICCJ). L'événement était organisé conjointement avec le Conseil de coordination allemand des sociétés pour la coopération judéo-chrétienne (DKR).
Le thème, « Repentir, réparation et réconciliation : ressources religieuses pour des temps tumultueux », avait été choisi avant le dernier conflit au Proche-Orient. Il s'est révélé d'autant plus pertinent au fil des mois. Les événements survenus après le 7 octobre 2023 ont mis à rude épreuve les groupes de dialogue et les amitiés un peu partout, et personne à Hanovre n'a cherché à le nier. Pourtant, pour beaucoup, le souvenir le plus marquant restera l'esprit de la rencontre : chaleureux, empreint de franchise et porteur d'espoir.
Le rabbin Dr David Meyer a donné le ton lors de la remise du prix Seelisberg, en prononçant une conférence intitulée « Gardez-vous des paroles apaisantes » (Isaïe 30, 10). Les séances plénières ont ensuite suivi un fil conducteur clair. Elles ont débuté par une réflexion sur le vocabulaire (qui peut se repentir et qui peut pardonner ?), ont abordé les approches liturgiques, éthiques et pratiques, pour finalement se demander si la « réparation » suffit face aux dommages écologiques et planétaires.
Les ateliers ont couvert un champ tout aussi vaste : le dialogue sous tension concernant Israël et la Palestine, le sionisme chrétien, l'examen de conscience sur la complicité chrétienne (de l'Allemagne d'après-guerre à l'« Institut de déjudaïsation » de Walter Grundmann), l'illibéralisme et le nationalisme religieux, ainsi que l'antisémitisme sur les campus. D'autres ateliers s'appuyaient sur les Écritures et la liturgie — notamment à travers le « raisonnement scripturaire » (Scriptural Reasoning) sur les notions de teshouva, metanoia et tawba — ou exploraient de nouveaux médias tels que le podcast, le cinéma et la culture populaire. Surplombant l'ensemble, la sculpture « Jumelles » de Johan Tahon se dressait devant les bureaux de l'Église luthérienne régionale (Photo de gauche). Elle revisite le motif traditionnel d'Ecclesia et Synagoga — longtemps utilisé par l'art chrétien pour rabaisser le judaïsme — de telle sorte qu'aucune des deux figures ne puisse être clairement identifiée comme représentant l'Église ou la Synagogue.
Les Canadiens y ont pris une part active et visible. Le père Geoffrey Ready est intervenu lors de la deuxième séance plénière, consacrée aux approches liturgiques, aux côtés de Ruth Langer, Anne Marie Reijnen, Katarzyna Kowalska et Engin Karahan. Il a décrit la conception orthodoxe de la repentance comme un processus de guérison (metanoia) plutôt que comme un verdict juridique. Il a évoqué le rite du pardon, célébré au seuil du Grand Carême, durant lequel les fidèles s'inclinent les uns devant les autres et demandent pardon, y compris à des inconnus. Il a également abordé la notion de « péché involontaire », cette idée orthodoxe selon laquelle nous répondons des torts que nous n'avons ni sciemment ni directement causés. Il a avoué éprouver une « sainte envie » à l'égard du Vidui de Yom Kippour, dont la formulation au pluriel — « nous avons péché » — confère à la communauté une voix collective plus difficile à atteindre au sein de l'orthodoxie.
Il a ensuite animé, avec la rabbin Shoshana Boyd Gelfand, l'atelier intitulé « Qui parle en notre nom ? ». Celui-ci interrogeait la dynamique du dialogue entre deux traditions dépourvues de pape ou de grand-rabbin. Le père Geoffrey a évoqué sans détour les jeunes convertis formés par des versions de l'orthodoxie diffusées en ligne, dont certaines véhiculent de l'antisémitisme. Il a soutenu que la décentralisation, qui expose une tradition à être mal représentée, est aussi la liberté qui permet de la recevoir plus profondément : « blessure et don en un seul mouvement ». Les participants ont ensuite partagé, par petits groupes, leurs propres expériences concernant le fait d'être représentés par la parole d'autrui.
Héctor Acero Ferrer (Institute for Christian Studies et Martin Luther University College) a animé la séance plénière de clôture consacrée à la responsabilité écologique. Avec Mia Theocharis (St Michael's College de Toronto et Hillel Ontario), il a également dirigé un atelier sur l'antisémitisme dans le milieu universitaire. Le rabbin Shaul Osadchey, ancien président du Conseil des chrétiens et des juifs de Calgary, a quant à lui animé un atelier sur le développement de la culture religieuse au sein des communautés de fidèles.
À mi-parcours de la conférence, les participants se sont rendus au mémorial de l'ancien camp de concentration de Bergen-Belsen, où périrent des dizaines de milliers de personnes, juives et non juives. Après deux jours de discussions sur la repentance et la réparation, se retrouver ensemble sur ce lieu a constitué un rappel poignant de la réalité à laquelle ces mots doivent répondre, ainsi que de la raison d'être initiale de cette démarche.
Hanovre a surtout rappelé que le dialogue vit à travers les relations humaines. Bon nombre de ces relations ont été renouées autour de repas et lors de conversations dans les couloirs, parfois après de longs silences imposés par les deux dernières années. La réunion annuelle de l'ICCJ a confirmé que le Canada accueillera la conférence internationale en 2028. Ce sera à notre tour d'accueillir le monde et de perpétuer l'espoir qui s'est si clairement manifesté à Hanovre.

