La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste nous invite non seulement à regarder notre passé, mais aussi à réfléchir à notre présent et à préserver notre avenir.
Pour certains, 1945 peut sembler appartenir à une histoire lointaine. Il est difficile d’imaginer que, dans un passé encore à portée de mémoire, un groupe de meurtriers égarés a infligé des atrocités indicibles à des millions de Juifs et à des membres d’autres minorités. Le régime nazi les a persécutés, privés de leur dignité, puis finalement assassinés avec l’efficacité terrifiante d’une chaîne de montage. De manière systématique, ouverte et sans conséquences.
L’histoire de l’Holocauste offre des enseignements saisissants.
Cette cruauté épouvantable n’est pas née dans l’obscurité médiévale, mais en plein jour, au cœur d’une société supposément moderne. Le génocide n’a pas commencé avec les camps de concentration et les chambres à gaz; il a commencé par l’apathie et le silence face à l’injustice, et par la déshumanisation corrosive de l’autre.
Aujourd’hui, et toujours, nous devons nous en souvenir.
Dans une tendance préoccupante, les menaces et les agressions visant les Juifs ont fortement augmenté ces dernières années. Les attaques odieuses de Sydney et de Manchester ont fait les manchettes partout dans le monde. Mais d’innombrables abus quotidiens qui ne font pas la une des médias laissent des cicatrices durables chez les personnes et au sein des communautés.
La haine et la déshumanisation s’insinuent dans nos vies quotidiennes, notamment par le biais de nos fils d’actualité sur les réseaux sociaux.
Mais il y a aussi des raisons d’espérer: aujourd’hui, nous sommes bien mieux outillés pour résister à ces dérives.
Nous disposons de la mémoire de la manière dont l’exclusion peut se transformer en anéantissement lorsque nous détournons le regard.
Nous disposons de l’éducation et d’un accès sans précédent à l’information pour rechercher la vérité et comprendre nos différences.
Et nous disposons des droits humains, appuyés par le droit international — forgés dans les cendres de la guerre pour protéger l’humanité contre la répétition de ses chapitres les plus sombres.
Nous devons utiliser ces outils en tout temps contre le fléau du racisme, de l’antisémitisme et de la déshumanisation.
Nous avons besoin de lois qui interdisent la discrimination sous toutes ses formes. Nous avons besoin de responsables politiques qui ne polarisent pas en stigmatisant la différence, mais qui unissent en dénonçant l’injustice.
Nous avons besoin d’une éducation sur l’Holocauste et les droits humains à tous les âges. Et nous avons besoin de systèmes robustes et inclusifs de modération des contenus numériques, afin que les personnes puissent exprimer leurs préoccupations sans crainte.
Par-dessus tout, nous devons défendre notre humanité commune — chaque jour, sans exception.
L’histoire de l’Holocauste regorge de récits de sauvetage et d’altruisme qui mettent en lumière l’immense pouvoir de la raison et de la compassion.
Année après année, les derniers survivants nous quittent — tout récemment Eva Schloss, ardente défenseure de la tolérance et de l’éducation sur l’Holocauste. Mais leurs histoires demeurent. Elles nous guident et nous inspirent.
Ensemble, nous devons contester l’exceptionnalisme, la suprématie et l’intolérance partout où nous les rencontrons: à la table familiale, sur nos lieux de travail, sur les réseaux sociaux. Chacun et chacune d’entre nous peut être l’architecte d’un monde exempt de discrimination et d’intolérance.
Comme nous l’a enseigné Anne Frank, la demi-sœur d’Eva, personne n’a besoin d’attendre un seul instant pour commencer à améliorer le monde.

